Paul Jenft : dernière ligne droite avant les JO

Etudiant à Polytech Grenoble - INP, UGA Paul Jenft a décroché le 23 juin dernier, au terme d’épreuves qualificatives, sa sélection pour les épreuves d’escalade des Jeux Olympiques de Paris 2024.

Rencontre avec ce jeune grimpeur de 22 ans qui va vivre son rêve Olympique.

« Les montagne russes » : une phase de sélection difficile

Si Paul savoure aujourd’hui sa qualification, c’est surtout l’élimination de son « pote d’entrainement », Mejdi Schalck, lors de ces sélections cumulées qui l’a chamboulé sur le coup.

Cette sélection tardive était prévue depuis longtemps. Les 3 Français présents dans le top 10 mondial, Medji Schalck, Sam Avezou et Paul Jenft, savaient qu’il n’y avait que 2 places en équipe de France pour les Jeux Olympiques.

C’est donc au terme de 2 étapes des Olympic Qualifier Series qu’il se sont départagés. Après une très belle épreuve à Shangaï où Paul finit 4e, la 2e manche à Budapest est plus difficile car il finit 9e  le 22 juin et ne participe donc pas à la finale le lendemain. Il assiste à cette finale comme spectateur et son score total cumulé dépend donc uniquement des performances de ses 2 camarades. « C’était très stressant. Au final j’ai fini 2e Français, avec très peu d’écart avec le 3e (Mejdi Schalck). Ces dernières semaines, c’était les montagnes russes avec les différents scénarios possibles. A l’issue de la finale à Budapest j’ai donc appris ma sélection. J’étais content, bien entendu, mais ce n’était pas si facile car j’ai également appris que  Mejdi, un de mes meilleurs amis et camarade d’entrainement, était éliminé. J’ai donc eu l’impression qu’il était sorti des jeux par ma faute. »

Passé la tristesse de voir son ami éliminé, Paul savoure tout de même sa sélection : « Après toutes ces tensions cela fait du bien de se relâcher un peu ! »

Objectif : une place en finale

Depuis l’annonce de sa sélection, la pression est un peu retombée il va « en profiter et faire le truc à fond ! Ce n’est que de la bonne pression ! »

Son objectif : décrocher une place en finale « finir dans les 8 premiers est l’enjeu pour moi.» Même si le jeune homme pense parfois aux médailles, il affirme modestement : « ce serait dingue ! Même s’il n’y a pas beaucoup de scénarios où je pourrais prendre une médaille, on ne sait jamais ! Dans tous les cas, ce ne sera que du plaisir. Quoi que je fasse, il est certain que ce sera un beau moment à Paris, un grand spectacle ! »

Une compétition hors du commun

Depuis sa qualification, Paul « commence juste à réaliser avec toute la machine olympique qui se met en marche ! ». En effet même pour un athlète familier des compétitions à haut niveau, celle-ci reste à part du fait de « l’exposition médiatique, de la visibilité exceptionnelle.»

Depuis 2017, Paul se prépare pour cette échéance hors du commun « Dès que j’ai su que l’escalade entrait aux Jeux et que ce serait à Paris je me suis dit qu’il y avait une possibilité pour moi ! J’ai beaucoup investi sur cet objectif, c’est vraiment une consécration d’y aller. »

Les épreuves d’escalade verront donc l’élite des grimpeurs du monde entier s’affronter entre le 5 et le 9 aout. D’ici là Paul découvre et s’approprie l’univers et l’organisation « très complexe » des Jeux : un village d’athlète dont il est difficile de sortir, « une sorte de cocon ou de bulle », des conférences de presse et des créneaux de récupération à prévoir dès aujourd’hui. Il défilera également aux côtés des autres athlètes français lors de la cérémonie de clôture du 11 août.

Un équilibre entre « très haut niveau scolaire et très haut niveau sportif. »

Le jeune athlète n’en délaisse cependant pas ses études !  Après la sélection il est retourné presque directement à Polytech Grenoble - INP, UGA pour passer des examens qu’il avait pu décaler pour participer aux sélections olympiques. Même s’il avoue qu’il n’a pas pu cette fois « se consacrer à 100% à ses révisions », il pense tout de même valider son année et garde sereinement ses objectifs de validations annuels. Il s’agit pour Paul d’un équilibre entre « très haut niveau scolaire et très haut niveau sportif. »

Pour cet été, il privilégie le sport, mais a prévu de « s’y remettre à fond » dès le mois de septembre. « Je remercie Grenoble INP - UGA et Polytech Grenoble pour l’accompagnement dont j’ai pu bénéficier » déclare Paul, toujours humble et disponible pour échanger sur son parcours exceptionnel.

 

Crédits photos :
IFSC


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